Sciences : ce qu'il faut retenir de l'année 2015 : Surtout une nouvelle technique d'intervention sur le génôme

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Sciences : ce qu'il faut retenir de l'année 2015 : Surtout une nouvelle technique d'intervention sur le génôme

Message  gerardM le Jeu 31 Déc - 19:02


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Please feel free to point out big mistakes in my messages in a foreign language. Thanks to your remarks, I'll be able to improve my level.
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une nouvelle technique d'intervention sur le génôme

Message  Remy le Lun 4 Jan - 4:23

dans les Echos de ce jour :

BIOLOGIE// Une nouvelle technique de modification du génome, CRISPR-Cas9, s’est répandue
comme une traînée de poudre dans les laboratoires. Et soulève de graves questions éthiques.
Révolutiondanslamanipulationdesgènes

CRISPR-Cas9. Retenez bien ce sigle
imprononçable, car vous n’allez pas
tarder à en entendre parler, et de
plusenplussouvent.Derrièrecetacronyme
anglais à rallonge, si rébarbatif qu’il semble
avoir été inventé exprès pour décourager
le profane d’aller plus loin, secache
unnouveloutild’ingénieriegénétique
qui, depuis sa mise au point en 2012,
s’est répandu comme une traînée de
poudre dans les laboratoires du
monde entier, suscitant une déferlante
de publications scientifiques et de colloques
internationaux réunissant tous les
pontes de la recherche génomique… Un
outil, surtout, qui peut changer le cours de
notre civilisation et faire basculer l’humanité
dans une nouvelle ère qui ressemble à
s’yméprendre à celle du film de science-fiction
« Bienvenue à Gattaca ».
La biologiste américaine Jennifer
Doudna, de l’université de Berkeley, l’une
des deux scientifiques à qui revient le redoutable
honneur d’avoir inventé cet outil
révolutionnaire, a elle-même appelé au
printemps, dans un plaidoyer publié par la
revue«Science»,pourunmoratoiretemporaire
sursonutilisation, s’agissantdumoins
des expériences réalisables sur le génome
de l’embryon humain. Tel le Dr Frankensteineffrayé
par sa proprecréature.
Accessible au niveau master
Nouvelle technique de modification du
génomedérivéed’unmécanisme de défense
des bactéries (lire ci-dessous), CRISPR-Cas9
n’est pas la premièredugenre. Avant elle, les
généticiens savaientdéjà se servir de nucléases,
ces enzymes ayant la propriété de pouvoirdécouper
lachaîned’ADNenunendroit
précis (ce qu’est la protéine Cas9), comme
d’une paire de ciseaux pour refaçonner à
volonté le patrimoine génétique du vivant.
Les nucléases dites«àdoigt de zinc » (ZFN),
utiliséesdepuis2002,ou,plussouplesetplus
fiables, les nucléasesTALEN, apparues dans
leslaboratoiresen2010,étaientdéjàcouramment
utilisées. Mais CRISPR-Cas9 représente
lamême avancée que l’avènement du
traitementdetexteparrapportànosbonnes
vieilles machinesàécrire d’antan, avec leurs
malcommodes rubans correcteurs.
Alors que les nucléases classiques, pour se
lier au gène cible, nécessitaient la fabrication
sur mesure de longs fragments protéiques,
opération complexe, longue et coûteuse, il en
va tout autrement avecCRISPR-Cas9. Cette
technique ne présentepas d’autres contraintes
que de synthétiser de petites chaînes
d’ARN, une technique de routine. Résultat :
« Introduire une modification génétique peut
désormais se faire enune semaine, contreplusieursmois
auparavant, et pour un coût dérisoire
», observe David Bikard, directeur du
laboratoiredebiologiedesynthèsedel’Institut
Pasteur. Il note que, avec cette technique, les
manipulationssurlepatrimoinegénétiquede
celluleshumaines se sont démocratisées au
point d’être désormais effectuées en travaux
pratiques par des étudiants en master de biologie
! « Qui plus est, poursuit-il, il est devenu
possible d’introduireplusieurs modifications à
lafois,cequiétaitirréalisableauparavant. »
Danscesconditions,oncomprendmieux
pourquoi la microbiologiste et biochimiste
Emmanuelle Charpentier, co-inventrice de
la technique CRISPR-Cas9 avec Jennifer
Doudna, est devenuedujourau lendemain,
à quarante-quatre ans, une vraie star dans
son milieu, régulièrement citéepour leprix
Nobeletseule Françaiseàfigureraupalmarès
2015 de «Time» des 100 personnalités
qui comptent dans le monde.
Les implications de cette découverte
majeure sont innombrables. Appliquéeaux
plantes, cette nouvelle technique d’« édition
» du génome – vu comme un texte que
l’on peut remanier à sa guise – produit des
organismes qui ne sont pas, juridiquement
parlant,considéréscommedesOGMetsont
doncsusceptibles,enl’étatactueldelaréglementation,
definirassezvitedansnosassiet-tes. Du côté des animaux,
une start-up du
Minnesota, Recombinetics,
autilisél’éditiondugénome
pourdonnernaissanceàdesvacheslaitières
sanscornes.Desbiologistes californiensont
modifié l’ADN de moustiques de telle sorte
quenonseulementilsnetransmettentpasla
malaria mais, surtout, qu’ils transmettent
cette caractéristique à leur descendance
chaque fois qu’ils se reproduisent…
Bébés génétiquement modifiés
Sur le front de la lutte contre les maladies
génétiques, l’édition du génome constitue
unearmeredoutabledanslamaindesmédecins.
Le succès obtenu en mars dernier par
uneéquipeduMITsurdessouris,quiontété
guériesd’unemaladiedufoiejusque-làréputée
incurable, est venu concrétiser le potentielmédical
de CRISPR-Cas9. Et les applications
sur l’homme se feront d’autant moins
attendreque la nouvelle techniqueest d’une
grande fiabilité. Le risque de provoquer des
modifications génétiques non désirées – ce
queles spécialistesappellent les « off-targets
effects » – est faible. « Il a encore diminué
depuisquel’équipedeFengZhangauMIT[qui
dispute au duo Emmanuelle Charpentier-
Jennifer Doudna l’antériorité de la découverte
deCRISPR-Cas9,NDLR]apublié début
décembredans“Science”uneétudeprésentant
un variant de la protéine Cas9 ciblant encore
mieux le (ou les) gène(s) visé(s) », note David
Bikard. Comme Emmanuelle Charpentier
l’écrivaitelle-mêmeenoctobredanslarevue
« Pour la science » : « Une chirurgie précise et
universelle desgénomes [peut] commencer. »
Au-delà des aspectsmédicaux, c’est bien
larecherchegénétiquequialeplusàgagner
de l’avènement de CRISPR-Cas9. Alors que
le séquençage à haut débit a permis de
décrypter les génomesde milliers d’espèces
etd’encoreplusd’individus,etquelesétudes
d’association établissent des corrélations
entre génotypes et phénotypes, mais sans
pouvoir les expliquer, CRISPR-Cas9 offre la possibilité de connaître la base moléculaire
de ces corrélations. En supprimant un gène
donné, onpeut en effet déterminer précisément
quelle était sa fonction.
Naturellement, les problèmes éthiques
soulevés par cette révolution technique
sont à la mesure des nouvelles possibilités
qu’elleoffre–c’est-à-diregigantesques.Vouloirdébarrasser
son futurbébé d’une maladie
génétique grave comme lamyopathie
semble parfaitement légitime ; mais cela
l’est déjà moins s’il s’agit, disons, d’un léger
strabisme ; et que dire des parents qui désireront
se servir de cet outil pour choisir la
couleur des yeux de leur progéniture ?
La question éthique se pose avecd’autant
plus d’acuité que CRISPR-Cas9 peut être
utilisésurdeuxtypesdecellules :lescellules
différenciées d’unorganisme,auquel cas les
modifications introduites ne se transmettentpasàsadescendance
;maisaussilescellules
reproductrices, pour lesquelles ces
modifications sont transmissibles, et donc
en mesure d’orienter l’évolution d’une
espèce. Conscient de ce danger, le gratin
mondial de la génomique, qui s’est réuni
débutdécembreàWashingtonàl’invitation
del’Académieaméricainedessciencespour
discuter des enjeux de CRISPR-Cas9, a
appeléàla plus grandevigilance. Cela suffira-
t-ilàéviter lesdérives ?

« Introduire une
modification génétique
peut se faire en une
semaine, au lieu de
plusieurs mois, et pour
un coût dérisoire. »
DAVID BIKARD
Directeur du laboratoire de biologie
de synthèse de l’Institut Pasteur

Unmécanisme de défense des bactéries
devenu lecouteau suisse des généticiens
Lamoitié des espèces bactériennespossèdentunsystèmededéfense
CRISPR-Cas.DansleurADN,des séquencesdenucléotides A, C, G,T
ayant la particularitédese lire à l’identique danslesdeuxsens (commeun
palindrome)encadrentunfragment d’ADNviral. CesCRISPRconstituent
unebibliothèque conservant la signature génétiquedetous les virus
ayant agressé la bactérie. Si l’und’euxse présente ànouveau, l’ADN
correspondant, contenudans la séquenceCRISPR, est transcritenARN ;
cette copie se lie àuneenzymedécoupeuse d’ADN, laCas9, neutralisant
ainsi l’agresseur.Ayantmisenlumière cemécanisme,Emmanuelle
Charpentier et JenniferDoudnaont compris l’usage quipouvaitenêtre
faiteningénierie génétique.Ensynthétisantenlaboratoireun« ARN
guide » correspondantaugènequel’onsouhaite cibler,puisenl’arrimant
àuneenzymeCas9, il devientpossibledesupprimern’importe quel gène.
Maisaussi d’enmoduler l’expressionoudele remplacer parunautre.
Bref,uncouteau suisse danslesmainsdes généticiens.—Y. V.

Remy

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Re: Sciences : ce qu'il faut retenir de l'année 2015 : Surtout une nouvelle technique d'intervention sur le génôme

Message  MurielB le Lun 4 Jan - 11:40

Remy merci pour cette très intéressante info. Je la transfère à la suite du post "sciences ce qu'il faut retenir de l'année 2015"

C'était vraiment la découverte de l'année
=>Et la découverte scientifique de l'année 2015 est...

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Merci de me faire part des grosses fautes dans mes messages en langue étrangère. Grâce à vos remarques, je pourrai m'améliorer :-)
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