Origine de la galette des Rois

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Origine de la galette des Rois

Message  gerardM le Sam 2 Jan - 15:47

Bonjour à tous,

Défendons nos traditions

Origine de la galette des Rois

Les Saturnales par Antoine Callet, 1783.
Lors des Saturnales (fêtes romaines sur la fin du mois de décembre et au commencement de janvier), les Romains désignaient un esclave comme « roi d’un jour ». Les Saturnales étaient en effet une fête d’inversion des rôles afin de déjouer les jours néfastes de Saturne, divinité chtonienne. Au cours du banquet (au début ou à la fin des Saturnales, selon les différentes époques de la Rome antique) au sein de chaque grande familia, les Romains utilisaient la fève d’un gâteau comme « bulletin de vote » pour élire le « Saturnalicius princeps » (Prince des Saturnales ou du désordre). Cela permettait de resserrer les affections domestiques et donnait au « roi d’un jour » le pouvoir d’exaucer tous ses désirs pendant la journée (comme donner des ordres à son maître) avant d’être mis à mort, ou plus probablement de retourner à sa vie servile à l’issue de celle-ci. Pour assurer une distribution aléatoire des parts de galette, il était de coutume que le plus jeune se place sous la table et nomme le bénéficiaire de la part qui était désignée par la personne chargée du service. Tacite écrit que, dans les fêtes consacrées à Saturne, il était d’usage de tirer au sort la royauté. Étienne Pasquier a décrit dans ses Recherches de la France les cérémonies qui s’observaient en cette occasion : « Le gâteau, coupé en autant de parts qu’il y a de conviés, on met un petit enfant sous la table, lequel le maitre interroge sous le nom de Phébé (Phœbus ou Apollon), comme si ce fût un qui, en l’innocence de son âge, représentât un oracle d’Apollon. À cet interrogatoire, l’enfant répond d’un mot latin domine (seigneur, maître). Sur cela, le maître l’adjure de dire à qui il distribuera la portion du gâteau qu’il tient en sa main, l’enfant le nomme ainsi qu’il lui tombe en la pensée, sans acception de la dignité des personnes, jusqu’à ce que la part soit donnée où est la fève ; celui qui l’a est réputé roi de la compagnie encore qu’il soit moindre en autorité. Et, ce fait, chacun se déborde à boire, manger et danser.




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Re: Origine de la galette des Rois

Message  gerardM le Sam 2 Jan - 19:33

La fève

L’emploi de la fève remonte aux Grecs, qui se servaient de fèves pour l’élection de leurs magistrats. Les Romains se servant du même moyen pour élire le maître des Saturnales, cette coutume païenne fut longtemps combattue par l’Église avant de le remplacer par l’enfant Jésus longtemps cherché par les Rois mages. À la fin du xviiie siècle, apparurent les fèves en porcelaine. Sous la Révolution, on remplaça l’enfant Jésus par un bonnet phrygien. Les graines de fève furent systématiquement remplacées en 1870 par des figurines en porcelaine ou – plus récemment – en plastique. Actuellement, si on trouve toujours de vraies fèves, il existe une multitude de fèves fantaisie que collectionnent les adeptes de la fabophilie.

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Re: Origine de la galette des Rois

Message  gerardM le Sam 2 Jan - 19:50

l'Épiphanie

La date biblique est située au 6 janvier, mais ce jour n'étant pas férié, l'épiphanie est fêtée le premier dimanche après le 1er janvier. La date est donc variable, chaque année elle a lieu le 1er dimanche de janvier, sauf si ce dimanche tombe le jour de l'an, auquel l'Épiphanie a lieu le 2e dimanche de janvier.
Origine de l'Épiphanie
L'Épiphanie ou Jour des Rois est une fête chrétienne commémorant la visite des rois mages à l'enfant Jésus. Épiphanie provient du grec Epiphaneia, qui signifie “manifestation”, ainsi cette fête célèbre la manifestation de Dieu parmi les hommes. Le 6 janvier de chaque année, on fête 3 grandes manifestations du Christ : l'adoration des mages à Bet-lehem, le baptême de Jésus dans le Jourdain et le premier miracle du Christ aux noces de Cana (l'eau transformée en vin).
Les Églises d'orient mettent l'accent sur la scène du Jourdain, où l'Esprit Saint, sous la forme d'une colombe, proclama Jésus comme le Fils de Dieu. Dans les Églises d'occident, c'est l'adoration des mages qui est célébrée durant l'épiphanie, probablement par opposition aux fidèles gnostiques qui voyaient en l'épiphanie la véritable naissance divine de Jésus, et consacrait à cette fête des célébrations très importantes.
La visite des rois-mages exprime la manifestation de Dieu aux païens, dont faisaient partie ces mages venus d'Orient. Ces derniers se mettent en quête du nouveau né en suivant l'étoile des mages, symbole supplémentaire de la manifestation divine. Lorsqu'ils atteignent la crèche de Jésus, les mages se prosternent et l'adorent, puis lui offre de l'or, symbole de la royauté ; l'encens, symbole de la divinité ; et la myrrhe, annonciatrice de la souffrance rédemptrice. La myrrhe est une gomme-résine aromatique produite par l'arbre à myrrhe (ou balsamier), une arbre qu'on trouve en Afrique de l'Est et dans la péninsule Arabique.
Les 3 rois mages rendent hommage à l'enfant Jésus qui en retour effectue un signe de bénédiction. Jésus, Marie et Joseph sont auréolés et habillés simplement, tandis que les rois portent des vêtements et des bijoux luxueux. Au premier plan, Gaspard présente une coupe de porcelaine chinoise remplie de pièces d'or. Derrière lui, Melchior le jeune barbu tend un encensoir turc et Balthazar, sur la droite, tient une coupe fermée faite de jade.
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Certains astronomes ont émis l'hypothèse, en recoupant d'anciens écrits ou des faits scientifiques, que celle-ci était la comète de Halley, une nova ou bien la conjoncture de Jupiter, Saturne et Mars. Ces différents événements eurent lieu entre 11 et 5 avant J-C, et les rois-mages étaient probablement astrologues. Peut-être ne faut-il chercher que la symbolique de l'étoile dans le récit biblique.
Avant d'être associé à la religion chrétienne, le 6 janvier était une fête païenne qui correspondait au solstice d'hiver, qui avait lieu 12 jours après le culte de Mithra, également une fête païenne la renaissance du jeune dieu-soleil, et qui était fixée au 25 décembre suivant le calendrier julien imposé par César. S'en suivait 12 jours et 12 nuits durant lesquels le dieu-soleil venait à maturation, et pendant lesquels démons et enchantements venaient restaurer le chaos primordiale à la renaissance du soleil.2
La Théophanie est la fête orientale traditionnelle du 6 janvier. Aujourd'hui observée par les orthodoxes, elle fût probablement encore célébrée au 3e siècle à Rome1. L'Église romaine fixa par la suite l'Épiphanie au 6 janvier après avoir amené la fête de Noël au 25 décembre au cours du 4e siècle. L'ancien culte fût petit à petit supplanté par la religion chrétienne, en Occident comme en Orient.
Célébration de l'Épiphanie
Lors de la messe de l'Épiphanie, le prêtre lit le passage des évangiles relatant cet évènement et procède à une bénédiction. De l'encens est utilisé pendant la messe en mémoire de l'encens précieux offert à Jésus par les Rois Mages. Dans les foyers, l'Épiphanie rime avec galettes de rois !
Depuis la Rome antique, on continue à observer cette pratique qui traditionnellement servait à inverser les rôles entre maîtres et esclaves ; le gagnant de la célèbre fève devenant le « roi de la journée », durant la fête des Saturnales3. Comme à l'époque, pour éviter toute forme de triche, le plus jeune enfant choisit la part de chacun après s'être glissé sous la table.

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Re: Origine de la galette des Rois

Message  gerardM le Sam 2 Jan - 19:57

Histoire

Jadis, l’usage voulait que l’on partage la galette en autant de parts que de convives, plus une. Cette dernière, appelée « part du Bon Dieu », « part de la Vierge » ou « part du pauvre » était destinée au premier pauvre qui se présenterait au logis. Au Moyen Âge, les grands nommaient quelquefois le roi du festin, dont on s’amusait pendant le repas. L’auteur de la vie du duc Louis II de Bourbon, voulant montrer quelle était la piété de ce prince, remarque que, le jour des Rois, il faisait roi un enfant de huit ans, le plus pauvre que l’on trouvât en toute la ville. Il le revêtait d’habits royaux, et lui donnait ses propres officiers pour le servir. Le lendemain, l’enfant mangeait encore à la table du duc, puis venait son maitre d’hôtel qui faisait la quête pour le pauvre roi. Le duc de Bourbon lui donnait communément quarante livres et tous les chevaliers de la cour chacun un franc, et les écuyers chacun un demi-franc La somme montait à près de cent francs que l’on donnait au père et à la mère pour que leur enfant fût élevé à l’école.
Dégustation de galette des Rois à Belfort.
On tirait les Rois même à la table de Louis XIV
. Dans ses Mémoires, Françoise de Motteville écrit, à l’année 1648, que : « Ce soir, la reine nous fit l’honneur de nous faire apporter un gâteau à Mme de Brégy, à ma sœur et à moi ; nous le séparâmes avec elle. Nous bûmes à sa santé avec de l’hippocras qu’elle nous fit apporter.
. » Un autre passage des mêmes Mémoires atteste que, suivant un usage qui s’observe encore dans quelques provinces, on réservait pour la Vierge une part qu’on distribuait ensuite aux pauvres. « Pour divertir le roi, écrit Françoise de Motteville à l’année 1649, la reine voulut séparer un gâteau et nous fit l’honneur de nous y faire prendre part avec le roi et elle. Nous la fîmes la reine de la fève, parce que la fève s’était trouvée dans la part de la Vierge. Elle commanda qu’on nous apportât une bouteille d’hippocras, dont nous bûmes devant elle, et nous la forçâmes d’en boire un peu. Nous voulûmes satisfaire aux extravagantes folies de ce jour, et nous criâmes : La reine boit ! » Avant Louis XIV, les grandes dames qui tiraient la fève devenaient reines de France d’un jour et pouvaient demander au roi un vœu dit « grâces et gentillesses » mais « le Roi Soleil » abolit cette coutume.
Galette des Rois artisanale.
Louis XIV conserva toujours l’usage du gâteau des Rois, même à une époque où sa cour était soumise à une rigoureuse étiquette Le Mercure galant de janvier 1684 décrit la salle comme ayant cinq tables : une pour les princes et seigneurs, et quatre pour les dames. La première table était tenue par le roi, la seconde par le dauphin. On tira la fève à toutes les cinq. Le grand écuyer fut roi à la table des hommes ; aux quatre tables des femmes, la reine fut une femme. Alors le roi et la reine se choisirent des ministres, chacun dans leur petit royaume, et nommèrent des ambassadrices ou ambassadeurs pour aller féliciter les puissances voisines et leur proposer des alliances et des traités. Louis XIV accompagna l’ambassadrice députée par la reine. Il porta la parole pour elle, et, après un compliment gracieux au grand écuyer, il lui demanda sa protection que celui-ci lui promit, en ajoutant que, s’il n’avait point une fortune faite, il méritait qu’on la lui fit. La députation se rendit ensuite aux autres tables, et successivement les députés de celles-ci vinrent de même à celle de Sa Majesté. Quelques-uns même d’entre eux, hommes et femmes, mirent dans leurs discours et dans leurs propositions d’alliance tant de finesse et d’esprit, des allusions si heureuses, des plaisanteries si adroites, que ce fut pour l’assemblée un véritable divertissement. En un mot, le roi s’en amusa tellement, qu’il voulut le recommencer encore la semaine suivante. Cette fois-ci, ce fut à lui qu’échut la fève du gâteau de sa table, et par lui en conséquence que commencèrent les compliments de félicitation. Une princesse, une de ses filles naturelles, connue dans l’histoire de ce temps-là par quelques étourderies, ayant envoyé lui demander sa protection pour tous les évènements fâcheux qui pourraient lui arriver pendant sa vie. « Je la lui promets, répondit-il, pourvu qu’elle ne se les attire pas. » Cette réponse fit dire à un courtisan que ce roi-là ne parlait pas en roi de la fève. À la table des hommes, on fit un personnage de carnaval qu’on promena par la salle en chantant une chanson burlesque.
Une galette des Rois entamée.
En 1711, le Parlement délibéra, à cause de la famine, de le proscrire afin que la farine, trop rare, soit uniquement employée à faire du pain. Au commencement du xviiie siècle, les boulangers envoyaient ordinairement un gâteau des Rois à leurs pratiques. Les pâtissiers réclamèrent contre cet usage et intentèrent même un procès aux boulangers comme usurpant leurs droits. Sur leur requête, le Parlement rendit, en 1713 et 1717, des arrêts qui interdisaient aux boulangers de faire et de donner, à l’avenir, aucune espèce de pâtisserie, d’employer du beurre et des œufs dans leur pâte, et même de dorer leur pain avec des œufs. La défense n’eut d’effet que pour Paris et l’usage prohibé continua d’exister dans la plupart des provinces.
Morceau de galette des Rois.
Quand vint la Révolution, le nom même de « gâteau des Rois » fut un danger et Manuel, du haut de la tribune de la Convention, tenta sans succès d’obtenir l’interdiction du gâteau des Rois, mais la galette triompha du tribun. Peu après, un arrêté de la Commune ayant changé, dans la séance du 31 décembre 1791, le jour des Rois en « jour des sans-culottes », le gâteau n’eut plus sa raison d’être. Cette disparition ne fut néanmoins que momentanée car les sans-culottes ayant renommé l’Épiphanie en « fête du Bon Voisinage », un décret du 4 nivôse an III ayant recommandé de partager la « galette de l’Égalité », il reparut bientôt sur toutes les tables familiales.

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Re: Origine de la galette des Rois

Message  gerardM le Sam 2 Jan - 19:59

Coutume
La tradition veut qu’elle soit l’occasion de « tirer les rois » à l’Épiphanie : une fève est cachée dans la galette et la personne qui obtient cette fève devient le roi (ou la reine) de la journée et a le droit de porter une couronne de fantaisie puis choisit sa reine (ou son roi). Dans le circuit commercial, dans la seconde moitié du xxe siècle, les boulangers fournissent avec la galette une couronne en papier doré à usage unique. Plus traditionnellement chaque famille réalise et conserve une ou plusieurs couronnes artisanales. Il est dit que le bénéficiaire de la fève doit offrir la prochaine galette, cependant, aucune source fiable ne permet d'affirmer ou d'infirmer formellement cette tradition.
Les gâteaux à fève n’étaient pas réservés exclusivement au jour des Rois. On en faisait lorsqu’on voulait donner aux repas une gaieté bruyante. Un poète du xiiie siècle, racontant une partie de plaisir qu’il avait faite chez un seigneur qui leur donnait une généreuse hospitalité, parle d’un gâteau à fève pétri par la châtelaine : « Si nous fit un gastel à fève ». Les femmes récemment accouchées offraient, à leurs relevailles, un gâteau de cette espèce.
Dans sa Vie privée des Français, Legrand d’Aussy écrit, que, dès 1311, il est question de gâteaux feuilletés dans une charte de Robert II de Fouilloy, évêque d’Amiens. Souvent même, on payait les redevances seigneuriales avec un gâteau de ce genre. Ainsi, tous les ans, à Fontainebleau, le 1er mai, les officiers de la forêt s’assemblaient à un endroit appelé « la table du roi », et là, tous les officiers ou vassaux qui pouvaient prendre du bois dans la forêt et y faire paître leurs troupeaux, venaient rendre hommage et payer leurs redevances. Les nouveaux mariés de l’année, les habitants de certains quartiers de la ville et ceux d’une paroisse entière ne devaient tous qu’un gâteau. De même, lorsque le roi faisait son entrée dans leur ville, les bourgeois d’Amiens étaient tenus de lui présenter un gâteau d’un setier de blé.



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Merci à G

Message  PatrickB le Ven 29 Jan - 15:33

Mille merci pour cette brillante explication (une autre tradition souvent en usage dans les familles veut que l'on tire les rois jusqu'à ce tous les enfants soient rois (dur pour le régime...) Patrick
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