Pandémie : malédiction ou opportunité ?

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Message  PatrickB le Mar 28 Avr - 23:28

Pandémie : Une malédiction ? Une opportunité ?

(Avant tout ceci est un essai "rhétorique". En aucun cas il n’efface notre" humanité". Notre compassion au début de ce « récit » va à ceux qui souffrent : ceux qui ont perdu un être cher ; ceux qui ont été ou qui sont malades ; ceux qui ont faim ; ceux qui n’ont pas de toit ; ceux qui sont éloignés de leurs familles ; ceux qui sont déplacés ; ceux qui ont perdu leur paix intérieure, leur équilibre ; ceux qui n’ont plus de travail.  Nous ne saurions les oublier en dissertant. Mais il importe de réfléchir pour corriger les événements futurs en influant sur nos politiques. Qu’importe les procès à venir pour savoir les erreurs passées ce qui compte c’est de changer les objectifs des gouvernances).

Le confinement à ceci de bien c’est qu’il dégage du temps pour réfléchir, écouter la « conscience collective » à travers tous les canaux de communication. Profiter du silence pour une introspection, une méditation diraient certains.

Les « collapsologues » nous affolent avec l’effondrement du monde, les philosophes nous éclairent sur l’être ou l’avoir, les « religieux » nous sermonnent sur l’oubli de Dieu, les politiques font ce qu’ils peuvent et les plus avisés consultent les experts avant de parler. On dit que gouverner c’est prévoir. Qu’ils ne disent pas que les jeunes générations ne les ont pas prévenus (marche des jeunes pour le climat). Il faut mettre en place une autre façon de voir nos rapports avec la planète et notre croissance. Comment continuer à laver nos voitures avec de l’eau potable alors que de nombreux habitants n’ont pas accès à cette ressource essentielle. Nous pourrions reprendre la chanson de Bob Dylan « Blowin’In The Wind » écrite en avril 1962. Cinquante-huit ans plus tard le déréglement climatique, la disparition des espèces, l’exode des populations… Comment faire comprendre à nos dirigeants que la croissance pour la financiarisation du monde est une hérésie ?

Nous pour la plupart dans ce confinement nous avons arrêté de courir (par obligation) pour nous arrêter et nous évader dans la réflexion (par inclinaison). Nous avons bien conscience que cette épidémie qui nous arrive nous dépasse mais n’est pas sans corrélation avec le mode de vie qui était notre avant cette « crise »

Tout un chacun voit « sans être un expert extrêmement qualifié » que notre modèle de croissance par exploitation des ressources de la planète n’est pas sans conséquence sur notre avenir. Nous sommes d’un naturel égoïste (c’est notre nature profonde d’homo sapiens) et tant que cet état de fait touchait « les autres » notre conscience s’en accommodait en le refoulant. Mais voilà le réchauffement climatique nous menace en modifiant l’équilibre du monde dans notre quotidien le plus élémentaire : il nous rend malade. Tous sans discernement nous sommes frappés et c’est aussi notre chance.

Personne n’est gagnant. Même les plus riches qui pensaient pouvoir vivre dans une zone sanctuarisée se rendent compte que c’est impossible…

Et c’est notre chance la lutte contre le réchauffement climatique va permettre une « union sacrée »
- Les banquiers (dont actuellement l’argent mène le monde) : il existe une solution pour financer cela et que leur monnaie ne parte pas en fumée (ils ont compris que les linceuls n’avaient pas de poche et que leur descendance partirait avec eux
- Les politiques (qui se plaignent toujours de ne pas en faire plus) : c’est une excellente occasion pour eux de redéfinir un cap, de réorganiser leurs actions, de mettre en œuvre leurs vrais compétences (pas de mettre en maux leur gouvernance par des mots)
- Les religieux : Ils auront à cœur de nous recentrer sur Dieu, Yahvé, Allah, « Boudha » car la destruction de l’humanité c’est la destruction de la notion même de Dieu
- Enfin nous les « pecus vulgum » les gens d’en bas (bien que nous nous croyons toujours supérieur à un autre) car c’est de notre survie qu’il est question et surtout celle de nos proches (peut-on vivre sans aimer ?)

Car enfin, c’est possible : une autre économie est possible, une autre « croissance » est possible, un autre rapport à l’autre est possible, une autre manière d’être est possible, une autre façon d’être heureux et d’avoir le bonheur est possible. Cela demande simplement un changement sociétal qui plus est fera le « bonheur » du plus grand nombre
- Des banquiers (ils continuent à créer de l’argent : rassurer vous ce ne sont que des lignes sur des écrans mais bon ça les rend heureux de quel droit puis-je les juger ?)
- Des politiques (ils ont retrouvé leur « job » à part entière : un navire à piloter dans la tempête)
- Des religieux (les fidèles retrouvent le chemin de leurs Dieux et de leurs guides, les athées sont contents : le mythe a sa vocation et le rempli et en plus ils ont des alliés)
- De Nous les Peuples (nous sommes contents le monde s’arrête de chauffer, les exodes se font rares, chacun peut avoir à manger, à boire, un toit, un revenu avec ou sans travail : un paradis. Enfin ce n’est pas pour aujourd’hui mais demain. Mais ce n’est rien je ne suis pas le premier à promettre des lendemains qui chantent…)

C’est bien beau ce discours mais comment fait-on concrètement ? Qu’est-ce que ça va nous couter ?

Oh pas grand-chose à faire, ni à changer : opter pour un développement durable, une énergie renouvelable, une solidarité et une entraide plus étendue, un changement de paradigme : l’être ou lieu de l’avoir. Pour nous de petits gestes ne pas prendre l’avion inutilement, sans nécessité urgente. Manger mieux : beaucoup, beaucoup moins, peut-être pas de viande sans nécessité absolu (beaucoup sont végétariens et s’en portent bien). Peut-être privilégier l’usage à la possession. Cultiver son jardin. Acheter local. Et plein d’autres actions que nous découvrirons.

Bien sûr beaucoup de pays ne nous suivrons pas mais nous avons des atouts :
Le pays le plus peuplé et le plus économiquement efficace à ce jour la chine s’oriente vers ce modèle.
Le pays le plus dominant et le plus conquérant (actuellement) les États Unis a un des dirigeants les plus sots et le plus dénués de bon sens commun. De plus une grande partie de sa population n’est pas sans idéal et pourrait porter à sa direction un leader moins « confus » à sa direction.
Un pays pilier de la démocratie, de la réflexion pragmatique est en train de faire l’expérience de l’inconséquence du populisme (Les Britanniques et Bojo), le Brexit peut nous aider à refonder une Europe des peuples pour les y accueillir à nouveau.

Cette réflexion m’est venue au fur et à mesure des lectures et des écoutes de postcasts, bref de la diffusion médiatique des idées via les nouveaux réseaux de communication permettant l’écoute de la « conscience collective » et dernièrement de la conférence d’un banquier, homme d’église, écologiste (je suppose) dont je vous mets le lien sur sa conférence.
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Message  Remy le Mer 29 Avr - 3:09

Il convient peut-être de nuancer les propos de Gaël Giraud, même s'ils sont passionnants.
Je crois aussi que le vulgus pecum peut avoir parfois de bonnes idées dont les politiques tiennent compte - en les reprenant à leur compte, bien entendu.

A ma connaissance, la mondialisation était nécessaire, pour trouver des débouchés aux industries occidentales. Dans le même temps, cela permettait à la Chine de sortir du sous-développement. Une des conséquences est que la finance a considérablement grossi, jusqu'à se tailler la part du lion. C'est évidemment infiniment dommage.

Désormais, la Chine est développée. Elle est devenue une grande puissance, et a vocation, de par le nombre d'habitants, à diriger la planète. Les USA, par le truchement de Trump, ont tenté de la bloquer. En vain pour l'instant. Et à mon avis pour l'avenir. Le monde est trop dépendant de la Chine pour être en mesure de lui imposer grand-chose.  

Les Etats jouaient des coudes pour attirer les actifs réputés les plus performants, les USA en particulier. Depuis Trump, c'est beaucoup moins vrai.

Mais, dans le même temps, l'économie reste mondialisée. Les multinationales, implantées partout dans le monde, vont a priori continuer à produire localement, si elles vendent localement.
En tout cas, sur les activités stratégiques, il est important de rapatrier les chaînons manquants, par crainte de représailles géostratégiques - cachées derrière de beaux discours, bien entendu.

La Chine est effectivement consciente de la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique. Mais Trump a été élu par des gens primaires qui se soucient peu du réchauffement climatique, et l'Inde est pauvre.

Il faudrait mettre beaucoup d'argent sur la recherche et aussi sur la production pour faire baisser les coûts des nouvelles énergies. Il faudrait aider l'Inde et déboulonner Trump.

Vivre comme des hippies, c'est bien beau, mais si les autres puissances continuent leur marche en avant, nous allons nous faire bouffer. C'est toujours le même problème : le monde n'est pas un seul pays, mais une constellation de pays très différents, avec des intérêts différents, des cultures différentes.

Le virus nous fait comprendre qu'il faut changer le monde. Dans l'aéronautique, il y aura peut-être des changements, avec davantage de visioconférences et moins de voyages touristiques lointains.
Les transports en commun vont souffrir, au bénéfice des transports individuels.
Mais il y aura davantage de télétravail.
Globalement, on va sans doute moins se déplacer, et donc consommer moins d'énergie.


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Message  PatrickB le Mer 29 Avr - 8:06

Merci Rémi pour ton analyse précieuse et juste. Tu as raison ne nous emballons pas. À chaque jour sa tâche et son espérance. Au crédit de Trump au moins il a montré au grand jour la face sombre du Far West le gentil de fait toujours plomber par le méchant sauf qu’avec la vieillesse il est de plus en plus vulnérable : la sagesse ne venant pas au sot avec l’âge. Espérons que la démocratie américaine n’est pas devenue une oligarchie financière... la nôtre étant peut-être une oligarchie énarquienne ? Balayons devant notre porte.
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Message  Remy le Mer 29 Avr - 10:02

C'est vrai Patrick. Trump montre le mauvais côté de l'Amérique. Il a creusé les déficits pour faire monter les marchés (et ses affaires sans doute). Il a donné probablement aussi du travail à son électorat. Au détriment du climat, bien sûr. Mais ce ne sont pas quelques degrés dans le monde qui vont faire peur aux Américains. Un bon coup de climatisation (Carrier par exemple) aux pôles et on refroidit la Terre...mélangé avec de l'eau de Javel.

En France, le pouvoir politique est occupé très clairement par les énarques, en particulier les inspecteurs des finances. C'est légitime, apparemment, puisque ce sont les meilleurs élèves des sciences politiques...On retrouve aussi des médecins à la santé, des juristes à la Justice, des normaliens à l'Education nationale ou à la Recherche...

Les Hauts fonctionnaires des ministères ont fait X ou ENA, pour la plupart.

Dans les banques, les patrons de la Société générale et de BNP ont fait X (majors) et ENA. En-dessous, on trouve aussi beaucoup d'HEC.
Les traders ont fait X, Centrale, HEC le plus souvent.

Les très grandes entreprises sont en grande majorité dirigées par des X, les énarques se réservant certaines d'entre elles où l'Etat  est actionnaire.
Carlos Tavares a fait Centrale.

Quelques normaliens, reversés dans les affaires, occupent aussi des postes importants.

De nombreux entrepreneurs sont passés par les meilleures écoles scientifiques ou de commerce, ou par médecine. Mais pas uniquement, parce que l'informatique, l'imagination et le bon sens, finalement, ce n'est pas forcément une question de diplômes.

Il est clair que le pouvoir et le business sont pour une large part affaires de X et de l'ENA. Mais c'est au mérite républicain , puisque ce sont, théoriquement, les meilleurs scientifiques et les meilleurs littéraires de France, et qu'ils ont reçu la meilleure formation. Mais bon...
Néanmoins, dans les start-up, c'est (un peu) plus ouvert.

Est-ce qu'il y a une oligarchie de X et Ena ? Avec l'esprit de corps et l'esprit d'école, forcément. Maintenant, il y a également une logique financière et aussi de terrain, à mon sens.
Une personne qui montre sur le terrain de quoi elle est capable peut très bien prendre la place d'un énarque ou d'un X. On connaît tous des exemples. En politique, chez Peugeot, Schneider...Mais ce n'est pas la majorité des cas.

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