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L'intolérance à la frustration : un ressenti en augmentation ?

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L'intolérance à la frustration : un ressenti en augmentation ? Empty L'intolérance à la frustration : un ressenti en augmentation ?

Message  PatrickB Mer 22 Fév - 17:51

Intolérance à la frustration

Est-ce une impression ou une réalité ? Il semble que le seuil de frustration est devenu plus bas qu’avant ? Est-ce le sempiternel discours : c’était mieux avant ?
Peut-être deux facteurs pourraient permettre de mesurer ce seuil et leurs conséquences.
Il me semble que nous vivons de plus en plus dans un monde d’immédiateté (surement conséquence de la révolution numérique qui réduit les distances, qui réduit les temps d’interaction (plus de voyage qui forme la jeunesse : en 1 clic je suis à l’autre bout du monde – plus de temps d’attente entre le désir et la possession : pas besoin de m’habiller, me déplacer, faire plusieurs magasins, comparer les prix : en 1 clic je serai livré demain et gare si mon colis à du retard – c’est mon désir qui prime pas les aléas des PTT (d’ailleurs elle a disparu du paysage).
Et il me semble que de plus en plus de personnes se tournent vers les paradis artificiels pour obtenir « satisfaction ». Plus d’attente, un fixe et je décolle et si l’atterrissage est rude plus rapide sera le besoin d’un nouveau « voyage ».

Donc mathématiquement si le seuil de frustration s’abaisse en corrélation l’indice de frustration augmente et ses manifestations aussi.

Que faire ? Je pense en tant qu’ « ancien professionnel de l’enfance » nous pouvons agir tôt pour comprendre les colères de nos enfants, adapter un comportement qui les désamorce et surtout faire de la prévention. Fini l’enfant « tout puissant » de Françoise Dolto, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas la comprendre et l’écouter mais comme toujours se « méfier » d’une religion du livre où vous n’auriez pas le droit d’essayer de comprendre
Il vous faudra trouver l’équilibre entre plaisir et déplaisir, lui permettre la découverte de l’autorité (bienveillante pas l’autoritarisme), lui apprendre à différer ses envies, bref l’aimer et l’éduquer…

« Mille millions de mille sabords » un bel exemple de colère du capitaine Haddock, personnage de fiction créé par Hergé. « Ad hoc » cela ne veut-il pas dire adapté. Eh oui ! Notre brave marin se trouve confronté souvent à des situations qu’il ne comprend, ni ne maîtrise, il en ressent un malaise émotionnel (un inconfort) entre ses espérances et la réalité et s’ensuit la colère « bachibouzouk – tonnerre de Brest » là « il pète un câble » et il explose.

J’ai trouvé cette définition sur le net très approprié à la frustration (https://www.leblogdesrapportshumains.fr/frustration/) :

« C’est quoi la frustration ?
Pour faire simple, c’est un état émotionnel inconfortable généré par l’écart que l’on perçoit entre nos désirs (ce que l’on veut) et la réalité (ce que l’on obtient). Plus l’écart est grand, plus la frustration sera intense.
Cette frustration est dirigée vers plusieurs « objets » :
• Soi (depuis « échouer à monter un meuble » jusqu’à « abandonner un projet de vie »)
• L’Autre (depuis « l’absence de réponse à un sms » jusqu’au « déni d’existence »)
• Le Monde, la Vie (depuis « le sale temps qui empêche d’aller à la plage » jusqu’aux « inégalités sociales à travers le monde »)
Des situations frustrantes, il y en a pléthore dans tous les domaines de notre vie. Si je vous le demandais, vous me donneriez mille exemples de situations frustrantes en quelques minutes …/…

N’ayez pas peur dans la partie 2 (intolérance à la frustration partie 2/2) il vous donne les moyens de gérer tout cela, je vous laisse découvrir… si toutefois vous n’êtes pas occis par l’automobiliste auquel malencontreusement vous avez fait une queue de poisson… voire pire comme le fait divers : une personne, défoncée et défonçant les autres…/… ou dans la politique internationale : un dirigeant atomisant un autre pays au prétexte qu’il veut vivre sa vie en toute indépendance…/…

Quand je vous disais que l’intolérance à la frustration était de plus en plus fréquente…
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L'intolérance à la frustration : un ressenti en augmentation ? Empty Re: L'intolérance à la frustration : un ressenti en augmentation ?

Message  MurielB Mer 22 Fév - 22:10

Merci Patrick pour ce très intéressant sujet. Pour ma part, je pense que l'intolérance à la frustration est accentuée par le fait qu’à certains moments le monde de l'immédiateté se transforme en un monde d'attentes ingérables. Les bouchons interminables lorsque l'on doit se rendre au travail ou en vacances, les rendez-vous de médecin remis à plusieurs mois alors que l'inquiétude de la maladie vous ronge, la paperasserie que la révolution numérique n'a pas supprimée et qui ne cesse de nous stresser. Que faire pour accepter un temps élastique qui s'agrandit et se réduit sans cesse ? Comment s'y adapter?

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L'intolérance à la frustration : un ressenti en augmentation ? Empty (De la frustration au langage pour finir à l’âge de la retraite (ou le libre parler sans frustration)

Message  PatrickB Jeu 23 Fév - 12:00

(De la frustration au langage pour finir à l’âge de la retraite (ou le libre parler sans frustration)

Tu as raison Muriel, cette succession de temps d’attente et de temps d’action rapide nous fruste. Il en est de même des jeux vidéos où les algorithmes distribuent des récompenses parfois à « contresens » pour rendre frustré et accro le joueur. Tout ceci nous amène à l’apprentissage de la frustration qui doit être précoce si n’on ne veut pas en devenir trop dépendant.
Les premières frustrations pour l’enfant en dehors du cercle familial arrive à l’école avec l’éducation verticale (règles de la « maîtresse ») et l’éducation horizontale (règles implicites du groupe).
Cela nécessite d’avoir la compréhension des « consignes » explicites et implicites donc le langage et l’empathie.
J’ai lu récemment que la première utilité du langage était non la communication comme je le croyais mais « le commandement » c’est-à-dire le fait de pouvoir diriger un groupe pour la survie…
Personnellement je trouvais que le langage et son accession par les petits enfants vers deux ans permettait de « gommer » les inégalités sociales et j’ai milité pour que les enfants puissent intégrer « l’école » (*) dès deux ans pour justement « échapper » à la non communication qui peut régner lorsque les conditions de vie deviennent difficiles : pas de boulot, la télé qui marche en permanence, le ou chiens qui divaguent dans la maison (c’est bon au moins de pouvoir disposer d'un inférieur sur qui on peut donner des ordres, le brutaliser et qui malgré tout vous dispense l'affection dont vous avez manquée), la fumée de tabac ou autre, l’alcool qui libère les instincts les plus sordides et qui joue le rôle de « l’abrutisseur » (littéralement pour réduire le bruit des revendications). Bon c’est un peu une scène de Zola ou Dickens mais c’est parfois encore la réalité actuellement.
Donc pour moi l’acquisition du langage et sa maîtrise permet à l’enfant de comprendre et de verbaliser donc de construire sa résilience face à un monde tout puissant dont il peut avoir peur. Le langage et la lecture qui permettent aux « bout’choux » d’échapper à une réalité oppressante et se construire un monde imaginaire dont il a besoin.
Relire l’interprétation des contes de fées de Bruno Bettelheim et leurs psychanalyses, c’est passionnant.

(*) l’école pas la crèche car elles n’ont pas la même vocation pédagogique. Bien évidemment avec un renforcement du personnel car beaucoup d’enfants à cet âge ont des besoins spécifiques de « maternage », couches, sieste, alimentation plus lente. Mais si on veut une France « égalitaire » il faut mettre des moyens à l’enseignement et ce depuis 2 ans jusque 30-35 ans c’est-à-dire depuis l’âge de l’accession au langage jusqu’à la fin de « l’exploration du champ des possibles » cet âge qui suit maintenant l’adolescence et avant l’âge adulte.

Si j’osais et j’ose ce qui explique que pour une catégorie de personnes qui rentre tard dans « la production de richesse » (par richesse je définis une entité qui est superflue pour vous mais qui manque à un autre c’est-à-dire mon utilité au bien commun et non pas des espèces sonnantes et trébuchantes même si c’est un bon moyen de troc) il faut un âge de la retraite plus avancé car ils ont commencé à donner tard à la société et ils seront encore en « bonne forme » à 65 ans avec une espérance de vie d’au moins 20 ans dont 15 excellente santé et en plus en ayant eu un travail qui les rend heureux. (Ils ont exploré le champ des possibles et trouvé ce qui donne du sens à leur vie). (Je n’ai aucun mal à exprimer ces idées car j’ai pris ma retraite de façon un peu contrainte à 65 ans mais il vrai que j'ai travaillé ou donné du temps aux autres bien avant, c'était notre éducation aucun mérite de notre part)
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